La santé des humains est intimement liée à la santé des écosystèmes et à celle des autres vivants. Cette idée qui est à la base du concept « One Health » – une seule santé – est remarquablement illustré dans les deux ouvrages complémentaires de Marie Monique Robin. Dans « La fabrique des pandémies », on découvre l’analyse convergente de 69 scientifiques sur le lien très clair entre destruction des écosystèmes et apparition des pandémies. Dans « Vive les microbes », c’est l’écosystème bactérien de notre intestin qui est la vedette : plus cet écosystème est riche en microbes, meilleure est notre santé.
Reprenant l’approche de « contrat naturel » de Michel Serres, les 4 chercheurs auteurs du « Manifeste pour une santé commune », proposent une vision encore plus globale qui inclut la santé sociale : « la santé des milieux naturels façonne la santé sociale qui, elle-même façonne la santé humaine » et ils concluent « le modèle économique est non plus une donnée d’entrée dogmatique, mais un produit de sortie enraciné dans nos liens au monde ».
Une idée que reprend Eloi Laurent dans son essai« Et si la santé guidait le monde » pournous proposer de basculer de la croissance à la santé comme boussole pour guider l’action.
La pandémie de COVID a été une bonne occasion de démontrer qu’il était possible de bousculer tous les dogmes de l’économie pour concentrer les efforts de tous, publics comme privés, sur les enjeux de santé humaine. Gardons espoir que cette expérience serve à progressivement mettre le sujet de la santé planétaire en haut de l’agenda de nos politiques.